Plaidoirie pour la défense de la France devant le tribunal des bien-pensants PDF Imprimer Envoyer

Je fais partie de ces femmes qui comme Malika Sorel et bien d'autres ont délibérément choisi d'être citoyennes françaises, non pour des raisons économiques mais pour l'idéal Républicain laïque et démocratique de la France, tel que proclamé dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen et inscrit dans le préambule de la constitution. Cet acte  n'est pas un simple passeport pour l'accès aux droits sociaux dont bénéficient les français mais  une profonde adhésion à ces valeurs.

Je pensais qu'au pays des lumières j'étais définitivement libre et à l'abri de l'oppression du patriarcat qui grandissait inexorablement sur les terres d'islam. Ce choix  devait être également pour moi  un hommage à ma mère, ma grand-mère et toutes les femmes qui souffraient en Algérie, le clamaient mais pensaient qu'il ne pouvait en être autrement, que c'est la volonté de dieu qui se fait sur la terre. Vouloir s'y soustraire  relevait alors, pour elles, du blasphème et auraient alors à rendre compte de cela devant  dieu  au  jugement dernier.

La contradiction était leur lot et leur secret car elle rêvaient de droits pour leurs  filles mais se sentaient coupables d'oser les y encourager. En effet cet encouragement aurait été, en cas d'échec et à coup sûr, la participation  à leur bannissement.

Aujourd'hui j'ai comme un goût amer de cette adhésion. Il y a comme un quiproquo sur le sens que je souhaitais à l'origine donner à ce choix. J'espère que l'avenir incertain me démentira et consolidera le lien affectif qui me lie à la France et à ce que je crois être le pacte Républicain de ce pays.

Comment  nous, toutes celles qui ont fait ce choix délibéré, allons nous affronter le regard de ces femmes héroïques qui en bravant le danger, les menaces de mort, la terreur aux heures noires de la guerre civile en Algérie, ont dit non au foulard islamique quelque soit sa taille.

Ainsi, Fatma Nath Mansour  grand-mère de Marguerite Taous et Jean  El Mouhoub Amrouche victime du patriarcat et Katia Benaga assassinée à 17 ans par les islamistes pour avoir refusé de porter le voile auront été  inutilement  sacrifiées?

Car toutes ces femmes savent précisément contre quoi elles se sont battues et se battent encore aujourd'hui. N'ayez pas  l'outrecuidance de soutenir connaître l'islam   mieux qu'elles, vous les bien-pensants, les savants, les sages, les tolérants, les généreux. Le relativisme culturel a les relents nauséabonds du mépris voulant ériger en valeur honorable l'infériorité principielle des femmes dans l'islam. Ce déni  du combat de femmes issues de la religion musulmane, nous le vivons comme une    maltraitance néocolonialiste .Vous nous blessez, nous abandonnez et nous livrez en proie aux fondamentalismes musulmans. Vous nous rétorquerez que nous serons protégées par la République. Au nom de quoi nous protégerez vous?  Au nom du droit à l'égalité des sexes? De la liberté d'expression? Au nom de la laïcité? Allons! Vous  le savez, ces principes ont été démembrés, spoliés pour les besoins d'un accommodement culturel et vendus au plus disant en voix et au plus menaçant.

Ceux parmi nous qui ont osé dénoncer ces dérives sont accusés par les uns de racisme de traitres par les autres et livrés sans protection à la vindicte de ceux qui oeuvrent pour la haine. Ce soir, comme tous les soirs depuis le début du débat sur la Burka, je suis aussi triste qu'en 1992 après les élections en Algérie. La charia au pouvoir, le massacre programmé des démocrates, des féministes sans voile ni islamique ni intégral, car on veut nous faire passer les vessies pour des lanternes en clamant qu'on peut être féministe au NPA et porter un signe d'asservissement. Bravo monsieur Besancenot, on n'est jamais embarrassé par ses contradictions quand il s'agit de glaner quelques voix, passeport pour l'ambition narcissique des hommes pour le pouvoir. Ne vous empêchent-elles pas de dormir quelques fois? Moi si, depuis plusieurs mois.

En définitive, il se dégage un consensus qui fait  de l'asservissement des femmes  une question mineure. A vous entendre nous commettons une légèreté d'en parler quand les riches sont encore riches et ne partagent pas leur richesse avec les pauvres. Vous décrétez et nous imposez unilatéralement une hiérarchie des besoins et des légitimés de combats. Nous ne sommes pas dupes!

Les alter mondialistes veulent le bien des pays sous développés. Leur altruisme les oblige et les honore du reste de vouloir lutter contre la misère en Somalie; mais se taisent lorsque à Mogadiscio une enfant de 13 ans se fait lapider par deux fois au motif  qu'elle a tenté de fuir  un mariage forcé et l'asservissement auquel elle ne se résignait pas à être définitivement condamnée. Elle eut le malheur de se faire violer par 3 hommes au cours de son évasion. La mère de celle-ci a, elle-même, exigé une seconde lapidation puisque la première avait épargnée sa fille. Le conditionnement culturel conduit cette mère contre tout attente à considérer comme son devoir de sacrifier cruellement la vie de son enfant pour se conformer aux exigences du patriarcat islamique. Est-ce la cruauté qui dicte à cette mère un tel acte ? NON  messieurs, vous qui êtes repus de liberté et peut être lassés par son obsolescence. Non mesdames vous qui ne connaissez pas l'humiliation de la répudiation, de la polygamie, de la lapidation, l'amour maternel est un sentiment que partagent toutes les mères du monde. Celle-ci, persuadée de laver ainsi l'honneur archaïque des hommes de sa tribu s'est condamnée à perpétuité car la douleur, la souffrance l'accompagneront secrètement pour le restant de ses jours.

C'est le même conditionnement qui fait  dire aux femmes qui portent le voile ou la Burka qu'elles le portent librement. Il ne peut être question de libre choix de se marquer du sceau de l'infériorité pas plus qu'il ne l'était pour vos mères qui considéraient normal de s'infliger une grossesse forcée et monstrueux de se faire avorter, il y a quelques dizaines d'années. Et oui, c'est surtout pour cela qu'a été proclamé le caractère universel des droits de l'homme .

Alors ce que vous avez cru bon de défendre pour vos mères,  nous le voulons, pour nos filles car pour nos mères, nous avons trop tardé.

Voyez-vous le peuple français sait ce qu'il risque de perdre et conscient de ce dont on veut le priver: la liberté qu'il a mis des siècles à arracher. Allez-vous continuer à le mépriser, le considérer comme démuni d'intelligence, incapable d'accéder au raisonnement; ne méritant que la tutelle  que vous exercez  sur sa  pensée? Vous le poussez dans les bras de l'extrémisme. Je vous y vois dans quelques années grâce à votre exceptionnelle  capacité  à vous dédoubler, je vous y vois au soir des résultats électoraux déplorer le désastre, en expliquer l'origine et dénoncer les manquements de ceux que vous avez condamnés au silence et ceux que vous avez dissuadés d'agir en faisant peser  une menace sur leur avenir politique. Je vous entends énumérer aussi ce qui aurait du être fait, dit ou pensé, face à la victoire programmée par vous de l'extrême droite.

Ce jour là mesdames et messieurs n'accusez pas le peuple d'être fasciste, vous ne serez pas crédibles, vous ne lui aurez laissé aucune chance. Car vous seuls l'aurez conduit à cela par vos historiques renoncements. Vous souviendrez-vous que sur les plateaux des émissions de radios et télévision, vos attitudes, vos prêches invariablement culpabilisants, l'auront peut être poussé au crime. Nous refuserons nous autres d'oublier que nous vous avons prévenus au risque de nous exposer à vos lynchages médiatiques voire à notre mise au banc au nom du délit de diffamation des religions et d'islamophobie. Avez-vous jamais entendu dire de quelqu'un qui critique le catholicisme qu'il commet un délit de ''cathophobie''. N'y aurait-il pas lieu de traiter l'islam comme l'on traite la religion encore majoritaire au pays de Voltaire et de Jules Ferry ?

Votre angélisme ou votre hypocrisie vous font dire que toutes les cultures se valent, Il suffit d'observer la condition faite aux femmes dans de nombreux pays et dans certains quartiers en France pour se convaincre que toutes les pratiques culturelles ne sont pas équivalentes en matière d'égalité des hommes et des femmes. Votre repentance, votre auto humiliation et auto flagellation ne font qu'alimenter la haine de la France et des Français. Vos attitudes et vos discours ont l'arrogance et la suffisance de celui qui se pense invincible. Quand cesserez-vous de nous humilier par vos charités et vos concessions devant l'islam rétrograde. C'est cela le racisme qui ne dit pas son nom.

Ce n'est pas la colonisation d'hier qui empêche les immigrés de s'intégrer ou leur pays de se développer. La désintégration des jeunes et des personnes issus de l'immigration Maghrébine s'explique par un conflit de leur identité originelle et celle du pays d'accueil à travers l'acquisition de la nationalité française. Cette acquisition longtemps rejetée et vécue souvent comme une forme de trahison, vient s'immiscer dans l'identité originelle. Elle devient alors source de conflit entre les valeurs traditionnelles et celles signifiées par la république. Le communautarisme constitue  alors l'alternative qui permet d'accéder aux avantages d'une société moderne  tout en préservant et en clivant sur des territoires le modèle ancestral et moyenâgeux. Ce clivage permet ainsi un contrôle des individus et de leurs conduites et plus particulièrement celles des femmes qui sont elles dépositaire de l'honneur de la famille. L'endogamie et les interdits alimentaires garantissent la pérennité du système de ségrégation. Tant qu'un retour au pays était encore envisagé, la question identitaire ne se posait pas. Aujourd'hui les individus qui auraient des velléités d'intégration ou d'assimilation voir de réussite hors de la communauté sont insécurisés par le discours de culpabilité et de repentance que nombre de Français parmi les intellectuels et hommes politiques tiennent. Devant un tel discours leur choix  d'adhérer aux valeurs de la république laïque constitue une transgression et une compromission avec le peuple français coupable des malheurs des immigrés en France et dans leurs pays d'origine .

Le peuple français sera-t-il indéfiniment accusé d'être responsable, du sous développement de leur pays d'origine ou sévissent des dictatures corrompues. Comment expliquer le fait qu'en Algérie, pays qui requiert de grandes richesses, ses enfants paradoxalement nourrissent un seul rêve, celui de rejoindre la rive occidentale de la Méditerranée. Serait-ce par ignorance du sort abominable réservé aux immigrés  en France et en Europe ou au contraire pour la vie meilleure que les immigrés eux-mêmes leur donnent à voir. Pourquoi beaucoup d'entre eux refusent-ils de se battre pour la justice dans leurs pays respectifs quand ils sont offensifs et prêts au djihad en Europe? Ont-ils jamais prêté leur voix pour dénoncer le sort réservé aux minorités berbère et kabyle, catholiques, juives ou protestantes au Maghreb?

Non, la désintégration des immigrés aujourd'hui n'est pas le résultat de la colonisation d'hier. Elle est le résultat conjugué du refus des valeurs occidentales et du projet du mouvement fondamentaliste international d'imposer la loi islamique dans le monde. Les concessions et les accommodements culturels sont ouvertement considérés par eux comme une étape et espèrent que les besoins mercantiles du capitalisme mondial précipiteront et finaliseront les conditions de la mise en Å“uvre du projet de société islamique. Le voile et la Burka n'en sont que l'uniforme. Preuve s'il en fallait les tribunaux islamiques en Angleterre, la banque islamique, le Quick hallel. Comment feignez-vous d'ignorer les déclarations ouvertement haineuses de El Quaradawi  proférées en toute impunité, dans lesquelles il énonce clairement le projet islamiste ''nous vous dominerons par la démocratie et la démographie et nous vous vaincrons par le coran''. Ainsi tous ceux, bienpensants, qui par trop de charité s'accusent des difficultés  que rencontrent ces populations, assoient immanquablement la légitimité de la haine de notre pays. Ils porteront le jour venu du désastre la responsabilité de leurs renoncements.

Par conséquent, il est urgent pour infléchir ces processus de regarder sans complaisance ni compassion les causes réelles de l'échec de l'intégration comme l'écrivent courageusement et malgré l'hostilité ambiante les intellectuels issus de l'immigration. Ceux-là même que vous boycottez dans vos journaux et émissions de télé et dont vous méprisez la pensée et la justesse d'analyse. Ils vous gênent car ils refusent votre charité comme ils refusent de vous prêter main forte pour valider le discours de la pensée unique et du politiquement correct. Et comble, eux qui ont fui la pensée unique voilà qu'elle les rattrape au pays de Voltaire!

Le relativisme des valeurs et son lot d'accommodements culturels ferments du communautarisme font peser une menace sur la paix dans notre pays et encourir un danger majeur à notre démocratie. Aussi, avons-nous le devoir de soutenir et d'encourager celles et ceux qui luttent pour la liberté et la dignité des femmes en France et dans les pays musulmans. Les élus doivent entendre que la défense de l'intérêt de notre pays se mesurera à l'aune de la défense des valeurs universelles et le peuple français  en sera comptable.

Ce combat est urgent  et déterminant pour que la République française fasse vivre ses principes fondateurs et reste un exemple dans le monde.

Kahina Tamazirt, une citoyenne libre.